Le tour de ma vie
(Catherine Tanvier)
Prix : 18.05€
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Présentation de l'éditeur
Présentation de l'auteur (tiré d'un interview cf. ci-dessous)
C’est une joueuse de double, d’origine australienne, de famille très stricte et pratiquante qui se lance seule dans l’aventure des tournois, pour échapper au carcan familial, mais également pour se libérer elle-même. Ses parents vont d’ailleurs la renier, parce qu’elle est lesbienne. Ainsi, elle se retrouve confrontée à l’insécurité financière des tournois, la solitude profonde et un désir fulgurant de vivre. C’est ainsi qu’elle va trouver son équilibre.
Résumé Editeur:
Catherine Tanvier nous invite à suivre le destin courageux d'une
tenniswoman de second circuit, inspirée par la vie d'une amie joueuse
australienne et appuyée sur sa propre expérience: "L'histoire d'une femme
et toute sa difficulté d'être simplement ce qu'elle est, c'est-à-dire un
individu empreint de complexités et de particularités, plongée dans un
monde qui ne tolère pas toujours les différences".
Megan Clark a seize ans quand elle prend la décision d'arrêter ses
études pour se consacrer totalement au tennis, qui incarne tous ses espoirs et ses ambitions de femme indépendante. Pas assez brillante pour jouer en simple, elle se spécialise dans le double pour glaner ses accessions aux Grands Prix. Elle a besoin de combats, de défis, de liberté, de succès, mais va très vite se heurter à la triste réalité de ce milieu impitoyable: la victoire des unes étant un sujet d'humiliation ou d'écrasement pour les autres.
L'esprit du tennis, c'est-à-dire celui du jeu et la notion d'y trouver du
plaisir, a été remplacé par la loi de l'argent et même les joueuses sont
devenues industrieuses. Pour quelques unes qui appartiennent à l'élite,
jouissent d'une fortune et voyagent dans de somptueux palaces, la
majorité des autres sont des joueuses indigentes (financièrement) obligées
de partager à six une chambre d'hôtel miteux, avec la peur au ventre et le
porte monnaie vide. "Il y a beaucoup de joueuses en souffrance, qui
tombent assez souvent dans l'abus d'alcool, la drogue aussi. Dans ce milieu froid et distant, il est facile de se retrouver dans une grande détresse morale quand rien ne va". Elles sont seules sans coaches, amis ou famille pour les remettre sur les rails. "Seule, on ravale ses larmes et seule, on résiste dans la grand-rue de la vie parce qu'on sait que les changements décisifs espérés pour soulager notre détresse n'arriveront jamais pour des joueuses de notre trempe."
A cette précarité et cette insécurité, s'ajoutent pour Megan, les
difficultés à assumer son orientation sexuelle, et la souffrance
qu'engendrera le reniement de sa famille à la révélation de son
homosexualité. Fille ratée parce que défiant les lois de la nature et de la
Bible, elle ne sera plus pour eux que celle qui a déshonoré la famille.
Orpheline de l'amour d'une mère enfermée dans ses dogmes et dans ses
croyances, elle passe de bras en bras, fuyant l'engagement, incapable de
s'investir. Elle se sent rien, personne, anonyme, puisque non reconnue par
sa mère dans son identité. Déboussolée, perdue, elle s'abandonnera un
soir à un parfait macho pour essayer de se prouver qu'elle peut être
"normale", suivant les critères de moralité de sa mère et de sa famille.
Si ce livre contrairement à Déclassée est une fiction, il n'en est pas
moins bouleversant par son côté témoignage qu'il dégage indéniablement.
Mais Catherine Tanvier avec un grand talent d'écrivain nous propose aussi
un très beau portrait de femme, complexe, avide de liberté, capable de
saisir les moindres instants de bonheur; une aventurière qui explore la vie
et ses frontières, acceptant le prix à payer pour rester en adéquation avec
elle-même; amoureuse sensible, émouvante et d'une grande sensualité.
A travers le destin de cette femme, c'est à une belle leçon d'humanité,
de tolérance et de courage que Catherine Tanvier nous convie.
Couverture - Extrait du livre
"Je n'ai pas souvent l'occasion de raconter ma vie, de dire d'où je viens ni qui je suis. Cependant, je compte bien m'y mettre comme l'on s'octroie une trêve dans sa vie afin de se jeter à l'eau. Ca tombe bien, nous sommes en pleine saison chaude en ce coin d''Australie, où je suis de retour à la maison familiale après une longue tournée de quatre mois effectuée à travers toute l'Europe, et où j'ai bataillé dur sur toutes sortes de tournois satellites et Grand Prix confondus. J'y ai glané des points, pas plus, le minimum pour maintenir un classement uniquement basé sur les double qui me permettra de continuer mon métier, l'aventure de mes rêves, enfin je l'espère.
Je suis donc ce qu'on appelle dans le jargon tennistique une 'spécialiste de double'. Une appellation qui suffit amplement à mon bonheur".
Notes sur l'auteur
Après le succès de son livre-témoignage
Déclassée paru en 2007 (9000 ex. vendus) et l'engouement des médias, notamment littéraires, Catherine Tanvier signe ici son premier roman.
La vie sentimatolo-sportive d'une joueuse du second circuit. Loin des fastes des tournois du Grand Chelem, le destin mélancolique d'une soutière du tennis féminin.
Biographie de L'Auteur
Surnommée 'la Borguette', Catherine Tanvier, née en 1965, a été la meilleure joueuse française des années 1980. Professionnelle à quinze ans, courtisée par les plus grandes marques, elle a incarné le passage à une modernité dont ont profité toutes celles qui l'ont suivie. Vingtième mondiale à 19 ans, elle a ensuite lentement décliné, le corps brisé par des cadences infernales et le poids d'une histoire intime et secrète. Elle vit aujourd'hui avec sa mère, du côté de Nice. Elle est l'auteur de
Déclassée, de Roland-Garros au RMI, paru en 2007 aux éditions du Panama.
Interview tiré de actualitte
http://www.actualitte.com/dossiers/190-Catherine-Tanvier-tennis-Panama-tour.htm
ActuaLitté : Bonjour Catherine. Suite à ‘Déclassée’, vous sortez maintenant un roman ‘Le Tour de ma vie’ qui traite à nouveau du monde du tennis ; pourriez-vous nous l’expliquer brièvement ?
Catherine Tanvier : Hmm, c’est pas évident. C’est une joueuse de double, d’origine australienne, de famille très stricte et pratiquante qui se lance seule dans l’aventure des tournois, pour échapper au carcan familial, mais également pour se libérer elle-même. Ses parents vont d’ailleurs la renier, parce qu’elle est lesbienne. Ainsi, elle se retrouve confrontée à l’insécurité financière des tournois, la solitude profonde et un désir fulgurant de vivre. C’est ainsi qu’elle va trouver son équilibre.
L’histoire est très inspirée d’une amie australienne [NdR : Louise, dans ‘Déclassée’]. Cette fille me racontait ses histoires, elle vivait pleinement, comme si elle était avide de liberté et voilà dix ans, je lui ai dit que ses aventures méritaient un roman. Je ne pensais alors pas l’écrire (sourire). En tout cas, de ce que les journalistes m'en ont dit, ils ont pris le livre avec une grande violence.
[NdR : Catherine parle de ce livre avec passion, comme si une part d’elle-même y était contenue. Fine élancée, gracile « alors que je me suis fait opérer du genou », explique-t-elle, ses rares sourires sont des instants de grâce.]
ActuaLitté : Justement, on sent votre implication dans ce livre, mais vous n'y êtes pas toute entière...
Catherine Tanvier : D'abord, je n’ai rien voulu montrer ! Juste parler des choses que je connais bien. Les ¾ des joueuses vivent dans une indigence financière terrible, sans argent pour se payer un coach et affrontent brutalement la vie, seule au bout du monde pour gagner des points. Ce qu’il y a de moi dans ce livre, c’est une part d’expérience, oui. Mais je suis propriétaire du vide. J’écris pour combler un manque et arrêter la panique qui m’entoure.
Dans le livre, je souhaitais mettre à jour les conditions drastiques dans lesquelles mon amie a évolué, et comment elle s’est ouverte vers le monde, comment le terrain est devenu sa famille. Elle me fascine quelque part, probablement parce que je n’ai pas connu cette extériorisation. Je me suis repliée sur moi-même, et surtout Jacques Tanvier ne m’a jamais été une aide [NdR : Son père. Biologiquement, en tout cas.]. Nous sommes très opposées toutes les deux, mais probablement complémentaires.
(Un appel. Elle me regarde, grands yeux bleus… Je l’invite à décrocher, ce qu’elle fait avec une certaine gêne.)
ActuaLitté : Heureux appel ?
Catherine Tanvier : Oui, c’est pour un film dans lequel je vais jouer. Suite à un article du Nouvel Obs pour ‘Déclassée’, Jean-Luc Godard a contacté Panama - l’éditeur - et a dit qu’il voulait que j’incarne une mère de deux enfants dans une trilogie qu’il réalise. Mais le cinéma n’est pas une orientation. J’ai trop de respect pour les véritables acteurs. D’autant que je ne sais pas jouer, mais Godard m’a dit : « Je veux juste que tu sois toi-même. »
ActuaLitté : Bon, donc écriture, cinéma... Et le futur, comment se composera-t-il ? Vous êtes écrivain, maintenant ?
Catherine Tanvier : (sourire, à la limite du rire… dommage) Eh bien je viens de remettre un livre à mon éditeur. C’est le premier jet. Il s’agit d’une histoire de famille, ou du moins qui prend sa source dans ma famille. Ça parlera de Touaregs, et bien sûr d’une quête identitaire. Mais vous savez, je viens de remettre le manuscrit, alors rien n’est fait. Et puis pour ce qui est d’être écrivain…
Depuis ‘Déclassée‘, depuis que j’ai pu tout extérioriser, j’ai envie de m’exprimer. Trop d’années durant, je me suis murée dans le silence, supportant, endurant, subissant. Maintenant, si par exemple mes revenus d’auteurs me le permettent, j’aimerais bien apprendre à jouer de la guitare. Pas pour faire des disques, non (rire franc), mais juste pour savoir jouer.
Là encore, et plus que pour le cinéma, j’aime trop Patty Smith et surtout Bob Dylan pour me croire en mesure d’être une chanteuse. Bob Dylan, c’est une immense part de ma vie. Il me donne des frissons rien qu’à en parler. Ses chansons, à écouter les paroles, à les comprendre, il n’avait que 20 ans, et il écrivait déjà des choses que seul un adulte de 45 peut avoir connues. Vous connaissez ?
ActuaLitté : … Euh, mal (sourire).
Catherine Tanvier : Tenez écoutez (elle sort son iPod). C’est ‘Ain’t Talking’. Une chanson de 8 minutes. Vous allez adorer…
ActuaLitté : Merci. Et merci pour ce moment.
Catherine Tanvier : (rêveuse, songeant à Dylan ?) De rien.
Le tour de ma vie est disponible chez Panama, 19 €.
Détails sur le produit
* Broché: 506 pages
* Editeur : Editions du Panama (95 juin 2008)
* Langue : Français
* ISBN-10: 2755703369
* ISBN-13: 978-2755703368